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DELF B2 · Interview radio (compréhension fine)

L'interview : un chercheur qui étudie la procrastination

Lisez l'entretien, puis répondez aux questions.

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Vous étudiez la procrastination depuis quinze ans. La première fausse idée à corriger, selon vous ? L'idée que procrastiner, c'est être paresseux. Nos recherches montrent l'inverse : les plus gros procrastinateurs sont souvent des perfectionnistes, terrifiés à l'idée de mal faire. Repousser la tâche devient une façon d'éviter la confrontation avec un résultat imparfait. On ne fuit pas le travail, on fuit l'évaluation de soi qu'il implique. Concrètement, comment sort-on de ce cercle ? En abaissant, précisément, l'enjeu émotionnel attaché à la première étape. Nos études montrent que la difficulté n'est presque jamais de terminer une tâche commencée, mais de la commencer. Nous conseillons donc de découper la première action jusqu'à la rendre presque ridiculement facile : pas « écrire le rapport », mais « ouvrir le document et écrire une phrase ». Une fois la tâche lancée, la dynamique fait le reste dans la majorité des cas observés. Les outils numériques, applications de productivité et autres blocages de notifications, sont-ils efficaces ? Partiellement, et c'est là que le grand public se trompe souvent. Ces outils traitent le symptôme — la distraction — sans jamais s'attaquer à la cause réelle, qui reste émotionnelle. Un procrastinateur chronique privé de ses notifications trouvera un autre moyen d'éviter le travail tout aussi efficace. Les outils numériques peuvent aider en complément, jamais en solution unique. Existe-t-il des différences selon les domaines de la vie, entre le travail et les tâches personnelles par exemple ? Oui, et c'est un point souvent négligé. Nos données montrent que la procrastination touche davantage les tâches perçues comme ennuyeuses ou sans échéance immédiate, comme les démarches administratives, que les tâches créatives ou valorisantes. Le facteur décisif n'est donc pas la nature professionnelle ou personnelle de la tâche, mais le plaisir anticipé qu'on en tire. Cela veut-il dire qu'il faut rendre chaque tâche plus agréable pour éviter de la reporter ? Dans une certaine mesure, oui : associer une tâche pénible à une récompense immédiate, même modeste, réduit mesurablement le report dans nos expérimentations. Mais attention, ce n'est pas une solution miracle non plus, cela fonctionne surtout combiné à la méthode du premier petit pas dont je parlais. Un dernier conseil pour les personnes qui nous écoutent ? Cessez de vous juger sévèrement pour vos retards passés. La culpabilité, contrairement à ce qu'on pourrait croire, aggrave statistiquement la procrastination future plutôt qu'elle ne la corrige.

1.Selon le chercheur, les plus gros procrastinateurs sont souvent…

2.D'après le chercheur, la principale difficulté se situe…

3.La méthode conseillée par le chercheur consiste à…

4.Selon le chercheur, les outils numériques anti-distraction…

5.Selon le chercheur, le facteur qui détermine le plus la procrastination sur une tâche est…

6.Associer une tâche pénible à une récompense immédiate, selon le chercheur…

7.Le dernier conseil du chercheur porte sur…

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