DELF B2 · Forum d'opinions francophone · exercice 3
Forum : peut-on encore prendre l'avion sans culpabiliser ?
Vous lisez l'opinion de ces trois personnes sur un forum d'opinions francophone fictif dont le sujet est : « Peut-on encore prendre l'avion sans culpabiliser ? » À quelle personne associez-vous chaque point de vue ? Pour chaque affirmation, cochez la bonne réponse.
Document
Solène
Honnêtement, je trouve qu'on fait porter aux voyageurs une responsabilité qui ne devrait pas être la leur. Le transport aérien ne représente qu'environ 2,5 % des émissions mondiales de CO₂ et, même si son impact climatique ne se limite pas au seul CO₂, d'autres secteurs bien plus polluants sont rarement montrés du doigt. Culpabiliser la personne qui part une fois par an voir sa famille à l'étranger, c'est se tromper de cible. Le vrai levier, ce sont les constructeurs et les compagnies aériennes, auxquels on devrait imposer des avions moins consommateurs de carburant et des carburants plus propres. Tant qu'on reporte tout sur les individus, on s'épargne les décisions difficiles et on ne change rien au fond du problème.
Raphaël
Je comprends l'argument, mais il m'arrange un peu trop. Attendre que l'industrie se transforme toute seule, c'est repousser indéfiniment l'effort. Chacun de nous peut déjà agir : réduire le nombre de vols, privilégier le train pour les trajets courts, rester plus longtemps sur place au lieu d'enchaîner les allers-retours. Je ne dis pas qu'il faut arrêter de voyager, mais cesser de traiter l'avion comme un geste anodin qu'on répète pour un week-end. Reporter toute la faute sur les industriels, c'est souvent une façon bien commode de ne rien changer à sa propre vie. Si personne ne modère sa consommation, pourquoi les compagnies, elles, changeraient-elles quoi que ce soit à leurs habitudes ?
Djamila
À vous lire, on dirait qu'il faut choisir entre culpabiliser et ne rien faire, alors que la question n'est pas là. Tout dépend de l'usage qu'on fait de l'avion. Prendre un vol pour des vacances importantes, préparées de longue date, n'a rien à voir avec multiplier les escapades lointaines parce que les billets sont bradés. La culpabilité, de toute façon, n'a jamais retenu personne de réserver ; mieux vaut se demander honnêtement ce dont on a vraiment besoin. Plutôt que de juger le fait de voler en soi, je regarde la fréquence et la nécessité. On gagnerait à distinguer les déplacements vraiment utiles des voyages décidés sur un coup de tête, au lieu de tout mettre dans le même sac.
1.Il faudrait distinguer les trajets réellement nécessaires des escapades décidées à la légère.1 pt
2.Compter uniquement sur l'industrie permet de retarder sans fin tout changement.1 pt
3.Le débat devrait aussi tenir compte des émissions d'autres secteurs, pas seulement de celles de l'aviation.1.5 pts
4.Si les particuliers ne modèrent pas leurs vols, les entreprises n'auront aucune raison d'évoluer.1 pt
5.Opposer la culpabilité à l'inaction, c'est poser le problème de façon trop rigide.1 pt
6.C'est surtout aux constructeurs et aux compagnies qu'il faudrait imposer des contraintes.1.5 pts