DELF B2 · Article éducatif ou professionnel · exercice 2
Recruter sans CV : effet de mode ou vraie rupture ?
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Recruter sans CV : effet de mode ou vraie rupture ?
Depuis quelques années, un nombre croissant d'entreprises affirment vouloir se passer du curriculum vitae pour embaucher. À la place : des mises en situation, des tests de raisonnement, parfois un simple entretien centré sur ce que le candidat sait faire, et non sur son parcours. Derrière cette tendance, une conviction : le CV classique dirait finalement peu de chose de la capacité réelle d'une personne à occuper un poste.
Camille Rousset, responsable du recrutement dans une entreprise de services numériques, en est persuadée. « Pendant des années, nous avons écarté des candidats parce qu'ils n'avaient pas le bon diplôme ou un trou de deux ans dans leur parcours. Nous sommes passés à côté de talents considérables », reconnaît-elle. Son équipe a donc remplacé le tri des CV par une série d'exercices concrets. « Nous demandons au candidat de résoudre un problème que nos salariés rencontrent vraiment. Ce qu'il a fait avant nous intéresse moins que ce qu'il montre ce jour-là. »
Les partisans des méthodes centrées sur les compétences y voient un moyen de limiter certaines discriminations. En proposant les mêmes exercices à tous les candidats, l'entreprise peut les comparer à partir de critères communs. Des études ont également montré que certaines informations personnelles, comme le nom ou le lieu de résidence, peuvent influencer les premières étapes du recrutement. Mais aucune méthode ne garantit, à elle seule, l'absence de préjugés. « On ne demande pas d'oublier d'où viennent les gens, mais de commencer par ce qu'ils savent faire », résume Camille Rousset.
Tout le monde ne partage pourtant pas cet enthousiasme. Pour Thomas Lefèvre, sociologue du travail, il faut se méfier des promesses trop belles. « Supprimer le CV ne supprime pas les inégalités : il les déplace. Les tests de mise en situation favorisent ceux qui ont l'habitude de ce type d'exercice, c'est-à-dire souvent les plus diplômés. » Selon lui, une entreprise peut très bien afficher une procédure anonyme tout en reproduisant, au moment de l'entretien oral, exactement les mêmes préjugés qu'auparavant.
Le chercheur ne rejette pas la démarche pour autant. Il invite simplement à ne pas la présenter comme une solution miracle. « Ce qui compte, ce n'est pas de retirer le CV, c'est de définir précisément les compétences attendues et de former les recruteurs à les repérer. Sans ce travail, on change la vitrine, pas le magasin. »
Reste que la méthode séduit. De plus en plus de candidats, lassés de voir leur candidature rejetée en quelques secondes, disent préférer être jugés sur une tâche réelle plutôt que sur une feuille de papier. À condition, préviennent-ils, que l'entreprise joue vraiment le jeu.
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2.Dans l'entreprise de Camille Rousset, les candidats sont désormais évalués sur…1 pt
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4.Selon Thomas Lefèvre, quel risque présentent les tests de mise en situation ?1.5 pts
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6.Selon Thomas Lefèvre, que faut-il faire pour rendre le recrutement réellement plus équitable ?1.5 pts
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