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DELF B2 · Article éducatif ou professionnel · exercice 2

Faut-il en finir avec les notes à l'école ?

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Faut-il en finir avec les notes à l'école ? Chaque trimestre, le même rituel : des moyennes, des classements, des bulletins scrutés avec anxiété. La note chiffrée paraît si naturelle qu'on oublie qu'elle n'a rien d'obligatoire. Enseignante depuis vingt ans, je suis aujourd'hui convaincue qu'elle nuit plus qu'elle n'aide, et je voudrais expliquer pourquoi. Commençons par une évidence que l'on refuse souvent d'admettre : une note ne dit pas grand-chose. Un « 12 sur 20 » n'indique ni ce que l'élève maîtrise, ni ce qui lui reste à travailler. Il résume en un seul chiffre des réussites et des échecs très différents, et laisse l'élève, comme ses parents, dans le flou. Remplacer ce chiffre par une description précise des compétences acquises me paraît infiniment plus utile. On m'objecte que la note motive. L'expérience m'a montré le contraire. Certains bons élèves travaillent pour la note plutôt que pour comprendre ; certains élèves en difficulté, eux, finissent par associer l'école à des échecs répétés. Comment garder l'envie d'apprendre quand chaque effort se solde par la même mauvaise note ? La note récompense ceux qui réussissent déjà et décourage ceux qui auraient le plus besoin d'encouragement. J'ai vu des élèves brillants paralysés par la peur de perdre un dixième de point, et d'autres, découragés, renoncer à répondre de crainte de se tromper. Dans les deux cas, ce n'est plus le désir de comprendre qui guide l'effort, mais la peur du jugement. Je connais l'argument le plus fréquent : sans notes, comment préparer les élèves à un monde compétitif ? Mais confondre l'école et la compétition me semble une erreur. L'école n'est pas un concours permanent : c'est le lieu où l'on a, justement, le droit de se tromper. Protéger ce droit à l'erreur, c'est préparer des adultes capables d'apprendre toute leur vie, et non des candidats obsédés par leur rang. Je ne prétends pas que supprimer les notes règle tout. J'ai vu des évaluations par compétences mal conçues, si compliquées que ni les élèves ni les familles n'y comprenaient rien. Changer de système ne suffit pas : il faut y former les enseignants, et accepter que la transition prenne du temps. Une mauvaise évaluation par compétences ne vaut pas mieux qu'une note. Je ne demande donc pas d'abolir l'évaluation — au contraire. Évaluer, c'est indispensable : c'est dire à un élève où il en est et comment progresser. Je demande seulement de cesser de résumer un enfant à un chiffre. Derrière chaque « 8 sur 20 », il y a des efforts, des progrès, des blocages qu'aucune moyenne ne saura jamais raconter. C'est cela, me semble-t-il, que l'école devrait enfin apprendre à regarder.

1.Quelle est la position défendue par l'auteure de cette tribune ?1 pt

2.Selon l'auteure, le principal défaut d'une note chiffrée est…1.5 pts

3.À ceux qui affirment que la note motive les élèves, l'auteure répond que…1.5 pts

4.Pourquoi l'auteure refuse-t-elle de comparer l'école à une compétition ?1.5 pts

5.Que reconnaît l'auteure à propos de l'évaluation par compétences ?1 pt

6.Quel rôle l'auteure souhaite-t-elle donner à l'évaluation ?1 pt

7.Dans la conclusion, que reproche l'auteure à la moyenne ?1.5 pts

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