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DELF B2 · Article éducatif ou professionnel · exercice 2

Une librairie coopérative pour faire vivre le commerce du livre

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Une librairie coopérative pour faire vivre le commerce du livre Dans une rue commerçante, une librairie indépendante a rouvert ses portes après la fermeture de la précédente, faute de rentabilité. Sa particularité : elle appartient à ses salariés et à ses clients, réunis en coopérative. Des clients et des habitants ont acheté une part pour permettre au projet de voir le jour. Derrière cette formule inhabituelle, une conviction : certains métiers méritent d'être défendus autrement que par la seule logique du profit. « Une librairie indépendante gagne peu, c'est une réalité qu'il faut regarder en face », explique Camille Dubois, l'une des fondatrices. « Mais elle rend un service qu'aucun site de vente en ligne ne remplace : le conseil, la découverte, un lieu où l'on prend le temps. » En devenant coopérateurs*, clients et libraires ont voulu sortir le commerce du livre d'une course aux marges qu'il ne peut pas gagner. Le modèle repose sur un principe simple : les bénéfices, lorsqu'il y en a, ne sont pas distribués mais réinvestis. « Personne ici ne cherche à s'enrichir. On cherche à durer », résume un salarié. Les coopérateurs, eux, ne touchent aucun dividende ; leur part ne leur rapporte rien, sinon la fierté de faire vivre un lieu auquel ils tiennent. Certains participent même, bénévolement, à l'animation de rencontres ou au rangement des rayons. Les décisions importantes, elles, se prennent lors d'une assemblée annuelle où chaque coopérateur dispose d'une seule voix, quel que soit le nombre de parts qu'il possède. Faut-il voir dans cette expérience un modèle généralisable ? L'économiste Pierre Vandenberghe se montre prudent. « La coopérative répond à un vrai besoin, mais elle ne fait pas de miracle. Si les clients n'achètent pas de livres, aucune forme juridique ne sauvera la librairie. » Selon lui, le danger serait de croire qu'il suffit de changer de statut pour régler un problème qui reste, d'abord, économique. L'économiste insiste sur un autre point, souvent négligé. « Ces projets reposent énormément sur l'engagement bénévole des coopérateurs. C'est admirable, mais c'est aussi fragile : l'enthousiasme des débuts finit par retomber. Une coopérative qui ne tient que grâce au dévouement de quelques-uns ne tient pas longtemps. » La solidité du modèle, prévient-il, se jugera dans la durée, pas dans l'émotion de l'ouverture. Camille Dubois ne dit pas autre chose. Elle refuse de présenter la coopérative comme une recette universelle. « Ce n'est pas une solution contre le commerce en ligne, c'est une autre façon de faire du commerce. » Pour elle, l'essentiel n'est pas d'avoir trouvé un modèle parfait, mais d'avoir prouvé qu'un métier qu'on disait condamné pouvait encore, avec de l'imagination, trouver des raisons d'exister.

un coopérateur* personne qui possède une part de la coopérative et peut participer à ses décisions.

1.Qu'est-ce qui distingue cette librairie ?1 pt

2.Selon Camille Dubois, qu'apporte une librairie qu'un site de vente en ligne ne remplace pas ?1.5 pts

3.Que deviennent les bénéfices de la coopérative ?1 pt

4.Pour l'économiste, quelle est la limite de ce modèle ?1.5 pts

5.Quel autre risque l'économiste souligne-t-il ?1.5 pts

6.Que veut dire l'économiste en parlant de la durée plutôt que de l'émotion de l'ouverture ?1.5 pts

7.Comment Camille Dubois présente-t-elle finalement la coopérative ?1 pt

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