DELF B2 · Article éducatif ou professionnel · exercice 2
Une entreprise expérimente le travail sans chefs
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Une entreprise expérimente le travail sans chefs
Dans les locaux de cette entreprise d'une soixantaine de salariés, on cherche en vain un organigramme. Depuis cinq ans, l'entreprise fonctionne sans managers : pas de chefs de service, pas de directeurs intermédiaires. Les décisions se prennent au sein de petites équipes autonomes qui fixent elles-mêmes leurs priorités, leurs horaires et, dans une certaine mesure, leurs salaires.
À l'origine du projet, son fondateur, Marc Oberson, défend une conviction simple. « Je suis convaincu que les gens travaillent mieux quand on leur fait confiance. Pendant des années, nous avons passé un temps fou à contrôler, à valider, à rendre des comptes. Tout cela produisait surtout de la lenteur et de la frustration. » En supprimant les niveaux hiérarchiques, il affirme avoir voulu « rendre aux salariés le pouvoir de décider sur leur propre travail ».
Sur le papier, le modèle séduit. Plusieurs employés disent y avoir gagné en motivation. « On ne demande plus la permission pour tout. Si une idée est bonne, on la teste », raconte une jeune développeuse. Le fondateur assure de son côté que l'entreprise n'a jamais été aussi rentable, et que le nombre de départs a nettement baissé. Dans cette société, chaque équipe publie ses décisions sur un outil partagé, consultable par tous : la transparence, estime le fondateur, remplace le contrôle d'autrefois. « Quand tout le monde voit tout, personne n'a besoin de surveiller personne. »
Mais l'absence de chefs ne signifie pas l'absence de contraintes, nuance Sophie Girard, spécialiste de l'organisation du travail. « On imagine souvent ces entreprises comme des lieux sans pression. C'est une illusion. La pression ne disparaît pas : elle vient désormais des collègues. » Quand c'est l'équipe qui fixe les objectifs, explique-t-elle, chacun se sent responsable devant les autres, ce qui peut peser autant, sinon plus, qu'un supérieur.
La chercheuse met en garde contre une autre difficulté. « Sans hiérarchie claire, il faut des règles du jeu extrêmement précises. Sinon, ce sont les personnalités les plus affirmées qui prennent naturellement le pouvoir, sans que personne les ait choisies. » Autrement dit, supprimer les chefs officiels peut faire apparaître des chefs officieux, plus difficiles à contester.
Marc Oberson ne nie pas ces limites. Il reconnaît que le modèle « ne convient pas à tout le monde » et que certains salariés, habitués à recevoir des consignes, se sentent d'abord désorientés. « Nous passons beaucoup de temps à former les gens à l'autonomie. Ce n'est pas un cadeau qu'on offre, c'est un apprentissage. » Pour lui, l'entreprise libérée n'est pas un paradis sans effort, mais une exigence quotidienne — à laquelle il ne renoncerait pour rien au monde.
1.Quelle est la particularité de l'entreprise décrite dans le texte ?1 pt
2.Pour Marc Oberson, pourquoi avoir supprimé les chefs ?1.5 pts
3.Selon le fondateur, quelles ont été les conséquences du changement ?1 pt
4.Selon Sophie Girard, dans ce type d'entreprise, la pression…1.5 pts
5.Selon Sophie Girard, pourquoi des règles du jeu très précises sont-elles nécessaires ?1.5 pts
6.Lorsqu'elle parle de « chefs officieux », la spécialiste veut dire que…1.5 pts
7.Comment Marc Oberson présente-t-il finalement son modèle ?1 pt
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