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Le train de nuit, un retour sur les rails
Longtemps laissé à l'abandon, le train de nuit fait son grand retour en France. Après des années de fermetures de lignes, l'État a commencé à relancer les trains de nuit en 2021, avec la réouverture de la liaison entre Paris et Nice. D'autres lignes ont suivi, comme celle reliant Paris à Aurillac, rétablie fin 2023 après vingt ans d'interruption. En 2021, un rapport gouvernemental avait envisagé la création d'une dizaine de lignes de nuit d'ici à 2030. Un pari ambitieux, car ces lignes avaient presque toutes disparu, jugées trop coûteuses et dépassées à l'ère de l'avion à bas prix et du train à grande vitesse.
Les défenseurs du train de nuit y voient une solution d'avenir. « On part le soir, on dort, on arrive le matin au cœur de la ville, sans avoir perdu une journée ni pris l'avion », résume Claire Fontaine, membre d'une association d'usagers. Pour elle, l'argument écologique est décisif. « Un trajet en train émet généralement moins de gaz à effet de serre qu'un vol intérieur*. À l'heure du climat, c'est exactement ce qu'il faut encourager. » Elle reconnaît toutefois une limite : le confort reste parfois modeste, et le nombre de places est limité.
Tous les voyageurs ne sont pas conquis. « L'idée est séduisante, mais dormir dans un compartiment partagé avec des inconnus, ce n'est pas pour tout le monde », tempère Marc Delaunay, qui voyage souvent pour son travail. Il pointe aussi le prix. « On nous vend le train de nuit comme une solution économique. Or, pour une cabine confortable, cela revient parfois plus cher qu'un billet d'avion. » Il attend de voir si l'offre tiendra ses promesses sur la durée. « J'ai connu des lignes rouvertes avec de grandes annonces, puis fermées deux ans plus tard faute de voyageurs », rappelle-t-il.
L'économiste des transports Yasmine Roche appelle, elle, à la lucidité. « Le train de nuit ne remplacera jamais l'avion sur les longues distances ni le train à grande vitesse en journée, prévient-elle. Sa place est ailleurs : relier des villes moyennes, mal desservies, que l'on rejoignait autrefois en voiture. » Elle insiste sur un point souvent oublié : la rentabilité. « Ces lignes coûtent cher et ne sont pas toujours remplies. Sans soutien public, ces lignes risquent de fermer de nouveau peu après leur réouverture. »
Entre enthousiasme et prudence, le train de nuit cherche encore son modèle. Claire Fontaine veut y croire. « Il ne s'agit pas de revenir en arrière, mais de redécouvrir une autre façon de voyager, plus lente et plus douce. » Yasmine Roche, plus réservée, conclut : « Le vrai test, ce n'est pas de rouvrir des lignes. C'est de les faire durer. »
un vol intérieur* trajet en avion à l'intérieur d'un même pays.
1.Que montre le texte sur le retour des trains de nuit en France ?1 pt
2.Quel avantage Claire Fontaine considère-t-elle comme décisif ?1.5 pts