DELF B2 · Article de presse · exercice 1
Le tourisme de la dernière chance fait débat
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Le tourisme de la dernière chance fait débat
Voir un glacier avant qu'il ne fonde, marcher sur une mer de glace avant qu'elle ne recule : le « tourisme de la dernière chance » attire chaque année davantage de voyageurs vers les régions les plus fragiles de la planète. Un paradoxe cruel, puisque ces visiteurs contribuent, par leurs déplacements, à la disparition même de ce qu'ils viennent admirer.
Guide de haute montagne depuis vingt ans, Laurent Fabre a vu sa clientèle changer. « Avant, les gens venaient pour le sport, pour l'effort. Aujourd'hui, beaucoup viennent dire adieu au glacier. Ils savent qu'il recule, ils veulent le voir une dernière fois. » Il avoue un malaise. « Je gagne ma vie en emmenant des touristes sur un glacier dont le recul est aussi aggravé par les émissions liées à ces voyages. C'est difficile à assumer. » Pourtant, il refuse de condamner ses clients. « Beaucoup repartent bouleversés, et deviennent plus attentifs à la nature. Voir, parfois, ça réveille les consciences. »
La glaciologue Sandra Weiss ne partage pas cet optimisme. « On se raconte une belle histoire : celle du touriste qui revient transformé. Les faits sont plus tristes. La plupart reprennent l'avion le mois suivant pour une autre destination lointaine. » Elle rappelle que le transport aérien reste l'un des principaux responsables du réchauffement. « Prendre l'avion pour aller pleurer sur un glacier, c'est verser de l'essence sur le feu. » Selon elle, aucune prise de conscience ne compense le coût réel de ces voyages. À ses yeux, le discours du voyage « qui ouvre les yeux » sert surtout à apaiser la mauvaise conscience de ceux qui n'ont pas renoncé à partir toujours plus loin.
Les agences de voyage, elles, défendent un tourisme « responsable ». « Nous limitons la taille des groupes, nous reversons une partie de nos bénéfices à la recherche », explique Carla Monti, responsable d'une agence spécialisée. Elle assume le principe. « Interdire ces voyages ne sauverait aucun glacier. En revanche, bien encadrés, ils financent des programmes scientifiques et font connaître la réalité du climat. » Sandra Weiss balaie l'argument : « On ne protège pas un malade en organisant des visites payantes à son chevet. »
Les recherches montrent que ces voyages peuvent sensibiliser certains visiteurs, mais que leur bilan carbone reste élevé. Laurent Fabre, partagé, résume le dilemme. « Je comprends qu'on veuille voir ces paysages avant qu'ils ne changent. Je comprends aussi qu'en venant, on précipite le changement. Il n'y a pas de réponse simple. » Sandra Weiss, elle, tranche sans hésiter : « La plus belle façon de protéger un glacier, c'est encore de le laisser tranquille. »
1.En quoi le « tourisme de la dernière chance » est-il paradoxal ?1 pt
2.Selon Laurent Fabre, pourquoi ses clients viennent-ils aujourd'hui ?1.5 pts
3.Pourquoi Laurent Fabre éprouve-t-il un malaise au sujet de son métier ?1.5 pts
4.Quelle affirmation concernant les touristes Sandra Weiss juge-t-elle peu crédible ?1.5 pts
5.Pourquoi Sandra Weiss juge-t-elle ces voyages néfastes ?1 pt
6.Comment Carla Monti justifie-t-elle son activité ?1.5 pts
7.Que montrent les recherches citées sur ce type de tourisme ?1 pt
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