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DELF B2 · Article de presse · exercice 1

La semaine de quatre jours à l'épreuve des faits

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La semaine de quatre jours à l'épreuve des faits Travailler quatre jours au lieu de cinq, sans perte de salaire : l'idée, longtemps jugée irréaliste, gagne du terrain. Partout, des entreprises tentent l'expérience, parfois par conviction, souvent pour attirer des candidats devenus difficiles à recruter. Mais derrière l'enthousiasme, les résultats restent contrastés. Dans une entreprise de services informatiques de Nantes, le passage à quatre jours a été décidé il y a dix-huit mois. « Nous étions sceptiques, avoue Florence Aubert, directrice des ressources humaines. La crainte, c'était de voir la production chuter. En réalité, les salariés ont concentré leurs efforts, supprimé les réunions inutiles, et le travail s'est fait. » Elle insiste sur un point : réduire le temps de travail ne s'improvise pas. « On ne passe pas à quatre jours de travail du jour au lendemain. Il a fallu tout repenser : les horaires, les priorités, la manière de communiquer. Les entreprises qui échouent sont souvent celles qui ont voulu aller trop vite. » L'économiste Paul Rinaldi appelle pourtant à la prudence. « On nous présente la semaine de quatre jours comme une solution universelle. Elle ne l'est pas. » Selon lui, le modèle fonctionne bien dans les métiers où la productivité dépend de la concentration, beaucoup moins là où le service doit être assuré en continu. « Dans un hôpital, dans un commerce, on ne peut pas simplement fermer un jour de plus. Si l'on veut maintenir le service, il faut embaucher, et cela coûte cher. » Il redoute que la mesure ne creuse les écarts entre les salariés qui bénéficient déjà de meilleures conditions de travail et les autres. Du côté des syndicats, l'accueil est favorable mais vigilant. « Attention à ce que quatre jours ne deviennent pas cinq jours de travail tassés en quatre », prévient Rachid Benali, représentant du personnel. « Si les gens repartent épuisés, en ayant sauté leur pause déjeuner, on n'a rien gagné. » Il réclame que chaque expérimentation soit évaluée honnêtement, sans masquer les difficultés. Il rappelle aussi qu'un jour de congé ne doit pas devenir un prétexte pour geler les salaires. Les quelques études disponibles penchent plutôt du bon côté : baisse de l'absentéisme, salariés plus satisfaits, productivité stable. Mais elles portent sur des entreprises volontaires, souvent déjà bien organisées, ce qui limite les conclusions. Florence Aubert elle-même ne veut pas présenter son expérience comme un modèle valable pour toutes les entreprises. « Ce qui a marché chez nous ne marchera pas forcément ailleurs. Nous ne vendons pas une recette, nous partageons une expérience. » Paul Rinaldi ne dit pas autre chose : « La vraie question n'est pas de savoir s'il faut travailler moins, mais comment on organise le travail. Le reste n'est que du slogan. »

1.Pourquoi de plus en plus d'entreprises testent-elles la semaine de quatre jours ?1 pt

2.Chez l'entreprise nantaise, qu'a-t-on observé après le passage à quatre jours ?1.5 pts

3.Selon Florence Aubert, que doivent faire les entreprises pour réussir ce passage ?1.5 pts

4.Pour Paul Rinaldi, la semaine de quatre jours…1.5 pts

5.Dans les secteurs où le service doit être assuré en continu, que prévoit Paul Rinaldi ?1 pt

6.Quel risque pour les salariés Rachid Benali souligne-t-il ?1.5 pts

7.Pourquoi les études actuelles doivent-elles être interprétées avec prudence ?1 pt

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