DELF B2 · Article de presse · exercice 1
Locations touristiques : les villes reprennent la main
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Locations touristiques : les villes reprennent la main
Depuis quelques années, le nombre d'appartements proposés aux touristes sur les plateformes en ligne a explosé dans les centres-villes. Séduisant pour les propriétaires, le phénomène inquiète les municipalités, qui y voient l'une des causes de la pénurie de logements pour les habitants permanents. Plusieurs d'entre elles durcissent désormais leurs règles.
Dans une ville touristique des Alpes, la mairie a décidé de limiter à cent vingt le nombre de nuits par an pendant lesquelles un logement peut être loué à des touristes. « Nous ne cherchons pas à interdire, mais à rééquilibrer », explique Julien Caron, adjoint au logement. « Quand un appartement rapporte trois fois plus en location de courte durée qu'en location classique, plus personne ne veut loger les familles à l'année. Résultat : les enseignants, les infirmiers, les jeunes couples ne trouvent plus où habiter. » Il assure que la mesure ne vise pas les particuliers qui louent occasionnellement leur logement, mais les investisseurs qui achètent des immeubles entiers pour les transformer en hôtels déguisés.
Du côté des propriétaires, la décision passe mal. Martine Lefebvre loue deux studios hérités de ses parents. « On nous traite comme des spéculateurs, alors que ces loyers complètent une petite retraite », proteste-t-elle. Elle reconnaît cependant que certains quartiers ont changé de visage. « C'est vrai qu'à force, on ne croise plus que des valises à roulettes. Les commerces du quotidien ferment, remplacés par des boutiques de souvenirs. »
Pour Karim Haddad, chercheur en urbanisme, le débat dépasse la simple question du logement. « Une ville dont le cœur se vide de ses habitants perd peu à peu son âme. Les rues s'animent le week-end et s'éteignent le reste du temps. » Il nuance toutefois l'idée que les plateformes seraient seules responsables. « Le mal est plus profond : il tient aussi au prix élevé de l'immobilier et au manque de constructions neuves. Limiter les locations touristiques soulage, mais ne guérit pas. »
Les premières évaluations montrent des effets réels mais modestes : dans cette ville, quelques centaines de logements seraient revenus sur le marché classique en un an. Trop peu, selon les associations de locataires, pour inverser durablement la tendance. D'autres voix, du côté des professionnels du tourisme, redoutent au contraire que des règles encore plus strictes ne fragilisent une activité dont vivent de nombreux commerces. Julien Caron se veut néanmoins confiant. « Aucune mesure ne suffit à elle seule. Mais additionnées, elles finissent par peser. » Karim Haddad partage ce réalisme prudent : « L'important, c'est de ne pas attendre que le centre soit entièrement vidé pour réagir. Une fois les habitants partis, il est très difficile de les faire revenir. »
1.Pourquoi les municipalités s'inquiètent-elles du développement des locations touristiques ?1 pt
2.Quelle mesure la municipalité a-t-elle adoptée ?1 pt
3.Selon Julien Caron, la mesure vise avant tout…1.5 pts
4.Bien qu'opposée à la mesure, Martine Lefebvre admet que…1.5 pts
5.Pour Karim Haddad, quel est le principal risque pour une ville ?1.5 pts
6.Karim Haddad estime que limiter les locations touristiques…1.5 pts
7.Quelle inquiétude les professionnels du tourisme expriment-ils face au durcissement des règles ?1 pt
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