DELF B2 · Article de presse · exercice 1
Écouter un livre, est-ce vraiment lire ?
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Écouter un livre, est-ce vraiment lire ?
Dans le métro, en cuisinant, en marchant : de plus en plus de Français « lisent » désormais avec leurs oreilles. Le livre audio, longtemps associé notamment aux personnes qui ne pouvaient pas lire facilement un livre imprimé, connaît un essor spectaculaire. Un succès qui ravive une vieille question : écouter une histoire, est-ce vraiment la même chose que la lire ?
Éditrice spécialisée dans le livre audio, Clémence Barreau s'agace des critiques qui lui sont adressées. « On entend toujours que le livre audio serait une forme de lecture moins exigeante, une facilité. C'est faux, tranche-t-elle. Écouter un texte demande une attention réelle ; on ne peut pas revenir en arrière aussi facilement qu'avec les yeux. » Elle y voit même une chance pour la lecture. « Des gens qui n'ouvraient plus un livre depuis des années s'y remettent, grâce à l'audio. Faut-il s'en plaindre ? » Elle rappelle d'ailleurs que, pendant des siècles, les histoires se sont d'abord transmises à voix haute, bien avant d'être imprimées dans des livres.
Libraire depuis trente ans, Gérald Prévost se montre plus réservé. « Je ne méprise pas l'audio, j'en vends, précise-t-il. Mais soyons lucides : écouter et lire ne sollicitent pas le cerveau de la même façon. » Il insiste sur une différence. « Quand on lit, on fixe son propre rythme, on s'arrête, on relit une phrase qui résiste. À l'écoute, c'est la voix qui décide pour vous. » Il craint qu'à force de tout écouter, on ne perde l'habitude de l'effort propre à la lecture silencieuse.
C'est précisément ce que nuance la chercheuse en sciences cognitives Yasmina Roche. « Les études sont claires : pour comprendre une histoire, écouter ou lire revient à peu près au même. » Mais elle apporte une réserve importante. « Dès que le texte devient complexe, argumentatif, dense, l'écrit reprend l'avantage. L'œil peut revenir en arrière, relire, comparer. L'oreille, elle, avance sans retour. » Autrement dit, le livre audio convient bien aux romans, tandis que le texte écrit facilite le travail sur un essai complexe. Un même lecteur peut donc très bien dévorer un policier en marchant et préférer tenir entre ses mains l'ouvrage de philosophie qu'il annotera, crayon à la main.
Le livre audio gagne en popularité ces dernières années, porté par un public jeune et actif. Clémence Barreau refuse d'opposer les deux pratiques. « Ce n'est pas l'audio contre le papier. C'est lire plus, lire autrement, selon les moments de sa vie. » Yasmina Roche partage ce refus des querelles. « La vraie question n'est pas de savoir laquelle vaut mieux, mais ce que l'on cherche. Pour s'évader, l'oreille suffit. Pour réfléchir en profondeur, l'œil reste précieux. »
1.Quelle question le succès du livre audio ravive-t-il ?1 pt
2.Quelle idée Clémence Barreau conteste-t-elle ?1.5 pts
3.Selon Clémence Barreau, quel est l'avantage du livre audio ?1.5 pts
4.Pour Gérald Prévost, quelle est la différence essentielle entre lire et écouter ?1.5 pts
5.Que craint Gérald Prévost ?1 pt
6.D'après Yasmina Roche, dans quel cas l'écrit garde-t-il l'avantage ?1.5 pts
7.Quelle idée les deux femmes partagent-elles finalement ?1 pt
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