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DELF B2 · Article de presse · exercice 1

Quand les quartiers populaires changent de visage

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Quand les quartiers populaires changent de visage Un ancien atelier transformé en café branché, une épicerie remplacée par une boutique de décoration, des loyers qui grimpent : dans de nombreuses villes, des quartiers populaires se transforment. Les urbanistes appellent ce phénomène la « gentrification* » : l'arrivée d'habitants plus aisés dans un quartier modeste, qui en change peu à peu le visage. Progrès pour les uns, menace pour les autres, le sujet divise. Souvent associé aux grandes métropoles, ce phénomène peut également concerner certaines villes moyennes, où quelques rues changent parfois de visage en quelques années. « Je suis né ici, j'y ai toujours vécu, et aujourd'hui je ne reconnais plus ma rue », soupire Robert Meunier, retraité. « Les commerces où j'allais ont fermé. À leur place, des boutiques trop chères pour moi. Même mes voisins sont partis, poussés dehors par les loyers. » Il ne nie pas que le quartier soit devenu plus propre, plus calme. « Mais pour qui ? Pas pour nous. On a embelli le quartier, et on nous a priés de partir. » « Mes enfants n'ont même pas pu rester là où ils ont grandi : les loyers sont devenus impossibles », regrette-t-il. Les nouveaux arrivants, eux, se défendent d'être responsables. « On nous regarde parfois comme des envahisseurs, regrette Clara Dubois, qui a ouvert un café il y a deux ans. Mais nous aussi, on cherchait simplement un endroit où vivre et travailler, à un prix abordable. » Elle reconnaît toutefois une gêne. « C'est vrai qu'en venant, on fait monter les prix. On participe à un mouvement qui, au fond, nous dépasse. » Pour l'urbaniste Samira Haddad, il serait injuste de désigner des coupables individuels. « Ce ne sont pas quelques cafés qui chassent les habitants, explique-t-elle. C'est un marché du logement devenu fou, et des pouvoirs publics qui laissent faire. » Elle refuse pourtant de condamner tout changement. « Un quartier qui ne change jamais, c'est un quartier qui meurt. Le problème n'est pas que le quartier évolue, c'est que ses habitants d'origine n'aient pas le droit d'y rester. » Elle observe le même scénario d'une ville à l'autre : on rénove, on embellit, puis les prix s'envolent et les anciens habitants s'en vont. La solution, selon elle, est politique. « Sans logements à loyers encadrés, sans règles pour protéger les anciens habitants, la transformation profitera toujours aux plus aisés. » Robert Meunier, lui, résume les choses à sa façon. « On ne demande pas que rien ne bouge. On demande juste de ne pas être effacés du tableau. » Un équilibre fragile, que peu de villes ont, jusqu'ici, réussi à trouver.

gentrification* transformation d'un quartier populaire par l'arrivée d'habitants plus aisés, qui fait monter les prix.

1.Que désigne la gentrification dans cet article ?1 pt

2.Que reproche Robert Meunier à la transformation de son quartier ?1.5 pts

3.Quelle nuance Robert Meunier apporte-t-il à sa critique ?1.5 pts

4.Comment Clara Dubois réagit-elle aux reproches ?1.5 pts

5.Pour l'urbaniste Samira Haddad, quelle est la vraie cause du problème ?1.5 pts

6.Quelle est la position de Samira Haddad sur le changement d'un quartier ?1 pt

7.Quelle solution Samira Haddad défend-elle ?1 pt

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