DELF B2 · Article de presse · exercice 1
Le droit à la déconnexion, une promesse difficile à tenir
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Le droit à la déconnexion, une promesse difficile à tenir
En dehors de ses heures de travail, un salarié n'est pas tenu de rester joignable en permanence pour des raisons professionnelles. Ce principe, appelé « droit à la déconnexion », est inscrit dans le code du travail depuis le 1er janvier 2017. La loi prévoit que ses modalités soient définies dans chaque entreprise, par un accord ou, à défaut, par une charte. Pourtant, près de dix ans plus tard, son application reste très inégale. D'une entreprise à l'autre, et parfois d'un bureau à l'autre, ce droit peut tout changer ou n'être jamais vraiment appliqué.
« Sur le papier, tout le monde est d'accord. Dans les faits, c'est plus compliqué », reconnaît Florence Arnaud, directrice des ressources humaines. « On a signé un accord, installé un message qui rappelle de ne pas écrire après vingt heures. Mais si le patron, lui, envoie ses courriels à vingt-deux heures, l'exemple est donné. » Pour elle, aucune charte* ne remplacera un vrai changement de culture. « Déconnecter, ça s'apprend, et ça commence par le haut. »
La chercheuse Nadia Lemoine étudie ces questions depuis des années. « Le problème n'est pas tant la technologie que la pression que l'on s'impose, explique-t-elle. Beaucoup de salariés répondent le soir non pas parce qu'on l'exige, mais parce qu'ils craignent de paraître moins investis que les autres. » Elle met en garde contre une illusion répandue. « On croit gagner du temps en traitant ses messages tard le soir. En réalité, on ne se repose jamais vraiment, et on revient plus fatigué le lendemain. »
Du côté des salariés, le droit à la déconnexion est accueilli avec un mélange d'espoir et de scepticisme. « C'est une bonne idée, mais une loi ne suffit pas, estime Karim Vasseur, représentant du personnel. Dans mon service, personne n'ose vraiment couper. On a toujours peur de rater une information importante, ou de laisser un collègue dans l'embarras. » Il réclame des règles claires, appliquées de la même façon à tous les niveaux de l'entreprise. Il raconte avoir vu des collègues consulter leurs messages pendant leurs congés, de peur de revenir face à des centaines de courriels en attente.
Les personnes interrogées s'accordent sur un point : le télétravail a rendu la frontière entre vie professionnelle et vie privée plus difficile à distinguer. Nadia Lemoine se veut toutefois mesurée. « La déconnexion n'est pas un luxe, c'est une condition pour travailler longtemps sans s'épuiser. » Florence Arnaud partage ce constat, tout en restant lucide. « On n'éteindra pas les téléphones d'un coup de loi. Mais au moins, le sujet n'est plus tabou. C'est déjà un début. »
une charte* document interne à une entreprise qui fixe des règles de conduite.
1.Que signifie le droit à la déconnexion ?1 pt
2.Que révèle le premier paragraphe sur le droit à la déconnexion en France ?1 pt
3.Pourquoi, selon Florence Arnaud, les chartes ne suffisent-elles pas ?1.5 pts
4.Pour Nadia Lemoine, quelle est la cause principale du problème ?1.5 pts
5.Quelle illusion Nadia Lemoine dénonce-t-elle ?1.5 pts
6.Pourquoi, selon Karim Vasseur, les salariés de son service n'osent-ils pas couper ?1.5 pts
7.Sur quel point les personnes interrogées s'accordent-elles ?1 pt
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