DELF B2 · Article de presse · exercice 1
Vers la fin de l'argent liquide ?
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Vers la fin de l'argent liquide ?
Payer sa baguette d'un simple geste du téléphone, régler ses courses sans sortir un billet : en quelques années, le paiement par carte et sans contact s'est largement répandu dans notre quotidien. Les pièces et les billets, eux, reculent. Pratique pour les uns, inquiétant pour les autres, ce changement soulève plus de questions qu'il n'y paraît. Dans certains pays d'Europe du Nord, les paiements en espèces sont devenus moins courants. En France aussi, la carte et le paiement sans contact progressent, même si les pièces et les billets restent largement utilisés.
« On nous présente la disparition des espèces comme un progrès. Pour certains, c'est surtout une exclusion », alerte Martine Lefort, qui défend les droits des consommateurs. « De nombreuses personnes âgées, en difficulté ou peu à l'aise avec le numérique, tiennent à payer en liquide. Leur retirer cette possibilité, c'est les mettre de côté. » Elle défend un principe simple. « Tant que l'argent liquide a cours légal*, un commerçant ne devrait pas pouvoir le refuser. » Elle cite ces personnes âgées qui gèrent leur budget avec des billets, enveloppe par enveloppe, et se retrouvent perdues dès qu'on leur impose une carte.
Tous ne partagent pas cette inquiétude. Hugo Nguyen, lui, aimerait pouvoir se passer d'espèces dans son café. « Ne plus manipuler de liquide, ce serait moins d'erreurs de caisse, moins de risques de vol et un gain de temps à chaque client », explique-t-il. Il balaie l'idée qu'un tel choix exclurait une partie de sa clientèle. « Aujourd'hui, presque tout le monde a une carte, même pour deux euros. » Il reconnaît pourtant une limite : « Le jour où le réseau tombe en panne, on est tous bloqués. »
La sociologue Nadia Besson invite à prendre du recul. « L'argent liquide, ce n'est pas qu'un moyen de paiement, rappelle-t-elle. C'est aussi de l'autonomie, de la discrétion, et un repère concret, surtout pour les enfants qui apprennent la valeur des choses. » Elle met en garde contre une autre conséquence. « Quand tout devient numérique, chaque achat laisse une trace. On sait qui achète quoi, où et quand. Ce n'est pas rien. » « Ces données valent de l'or pour les entreprises, et peu de gens mesurent ce qu'ils acceptent de donner », ajoute-t-elle.
Faut-il pour autant s'opposer au progrès ? Personne ne le prétend. Martine Lefort précise sa pensée. « Le problème n'est pas la carte, qui est bien pratique. C'est l'obligation. Chacun devrait pouvoir choisir. » Nadia Besson partage ce souci d'équilibre. « Une société sans espèces serait sans doute plus rapide. Mais plus rapide ne veut pas toujours dire plus juste, ni plus libre. »
cours légal* être un moyen de paiement officiel, que l'on ne peut normalement pas refuser.
1.Quelle tendance générale décrit l'article ?1 pt
2.Selon Martine Lefort, quel est le risque de la disparition des espèces ?1.5 pts
3.Quel principe Martine Lefort défend-elle ?1 pt
4.Quels avantages Hugo Nguyen associe-t-il à un fonctionnement sans espèces ?1.5 pts
5.Quelle limite Hugo Nguyen reconnaît-il ?1.5 pts
6.Quelle conséquence du paiement numérique Nadia Besson souligne-t-elle ?1.5 pts
7.Quelle position les deux intervenantes défendent-elles finalement ?1 pt
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