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DELF B2 · Article de presse · exercice 1

Des fermes sur les toits des villes

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Des fermes sur les toits des villes Cultiver des tomates sur le toit d'un immeuble, élever des poules au-dessus d'un parking, faire pousser des salades en pleine ville : l'agriculture urbaine n'est plus une curiosité. De plus en plus de villes accueillent des potagers partagés, des fermes sur les toits et des serres en pleine zone urbaine. Un mouvement séduisant, mais dont la portée réelle fait débat. Longtemps réservée à quelques passionnés, l'agriculture urbaine attire aujourd'hui des associations, des entreprises et même des municipalités, séduites par l'image d'une ville plus verte. « Produire là où vivent les gens, c'est du bon sens », défend Camille Perrot, qui a créé une ferme sur le toit d'un ancien entrepôt. « Nos légumes parcourent quelques mètres, pas des centaines de kilomètres. Ils sont cueillis le matin et vendus le midi, d'une fraîcheur impossible à égaler. » Mais pour elle, l'essentiel est ailleurs. « Ces fermes recréent du lien. Des habitants qui ne se parlaient pas se retrouvent à jardiner ensemble. En ville, ça n'a pas de prix. » Sa ferme emploie désormais plusieurs personnes et accueille régulièrement des écoles venues découvrir comment poussent les légumes. L'agronome* Julien Mercier se montre plus réservé. « Attention à ne pas tout confondre, prévient-il. Ces fermes sont magnifiques, mais elles ne nourriront jamais une ville entière. Les surfaces sont trop petites, et produire sur un toit coûte très cher. » Selon lui, le danger serait de croire qu'on résout ainsi la question alimentaire. « Si l'on veut vraiment manger local, c'est autour des villes, dans les champs, que tout se joue, pas sur quelques toits. » Il ne nie pas l'intérêt de ces projets, mais refuse qu'on les présente comme une véritable solution pour nourrir les habitants des villes. Les élus, eux, y voient surtout un formidable outil de sensibilisation. « Oui, la production reste modeste, reconnaît sans détour Awa Diallo, adjointe à l'environnement. Mais quand des enfants découvrent qu'une carotte pousse dans la terre et non au supermarché, quelque chose change. » Elle assume ce choix. « Une ferme urbaine, ce n'est pas seulement de l'agriculture : c'est de l'éducation, du lien social, de la nature qui revient entre le béton. » Au fond, les trois intervenants ne s'opposent pas vraiment : ils ne parlent simplement pas de la même chose. Julien Mercier le reconnaît lui-même. « Si on attend de ces fermes qu'elles nous nourrissent, on sera déçu. Si on y voit un moyen de reconnecter les gens à la nature, alors oui, c'est précieux. » Camille Perrot ne dit pas autre chose. « On ne prétend pas remplacer les agriculteurs. On rappelle juste, en pleine ville, d'où vient ce que nous mangeons. »

agronome* spécialiste des sciences de l'agriculture.

1.Que montre le début de l'article sur le développement de l'agriculture urbaine ?1 pt

2.Quel avantage concret Camille Perrot met-elle en avant ?1.5 pts

3.Pour Camille Perrot, quel est l'intérêt le plus important de ces fermes ?1.5 pts

4.Quelle réserve exprime l'agronome Julien Mercier ?1.5 pts

5.Selon Julien Mercier, où se joue vraiment le « manger local » ?1.5 pts

6.Pour Awa Diallo, quel est le principal intérêt des fermes urbaines ?1 pt

7.Pourquoi les trois intervenants ne sont-ils pas réellement en désaccord ?1 pt

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