DELF B2 · Chronique linguistique (compréhension fine)
Faut-il avoir peur des anglicismes ?
Lisez la chronique, puis répondez aux questions. (~60min à l'examen — ici, prends ton temps)
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Faut-il avoir peur des anglicismes ?
Chaque rentrée ramène son lot d'indignations : untel a dit « feedback » à la radio, tel autre a préféré « pitcher son projet » plutôt que de le présenter. Les gardiens autoproclamés de la langue française y voient un signe supplémentaire de décadence. L'histoire de la langue, elle, raconte un tout autre récit.
Le français n'a jamais été la citadelle assiégée que l'on imagine parfois. Il a emprunté sans complexe à l'arabe (« algèbre », « alcool »), à l'italien (« ballet », « banque »), à l'allemand (« vasistas »), bien avant que l'anglais ne devienne la langue dominante des échanges internationaux. Ce qui change aujourd'hui n'est donc pas le principe de l'emprunt, mais sa vitesse, décuplée par les réseaux sociaux et le monde professionnel mondialisé.
Certains anglicismes, il est vrai, comblent un vide réel : rien, en français, ne désignait aussi précisément le « selfie » avant son adoption massive. D'autres, en revanche, remplacent des mots parfaitement fonctionnels par pur effet de mode — pourquoi « call » quand « appel » suffit amplement ? La distinction mérite d'être faite, plutôt que de tout jeter dans le même sac de l'anglomanie.
Reste une inquiétude plus légitime que la simple pureté lexicale : celle du vocabulaire technique et scientifique, où l'anglais s'impose parfois au point de rendre certains domaines de recherche presque inaccessibles en français. Là, la vigilance a un sens. Pour le reste, la langue française a toujours su digérer ses emprunts — elle continuera, très probablement, à le faire.
1.Selon l'auteur, l'emprunt de mots à d'autres langues…
2.Vrai ou faux : pour l'auteur, ce qui a changé aujourd'hui, c'est le principe même de l'emprunt linguistique.
3.Pour l'auteur, un mot comme « selfie » a été adopté car il…
4.L'auteur critique l'usage de mots comme « call » car, selon lui…
5.La véritable inquiétude de l'auteur porte sur…
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