DELF B1 · Portrait / reportage · exercice 3
Juliette anime un potager collectif dans une cité populaire
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Juliette Ferrand a 34 ans, et depuis cinq ans, elle anime un potager collectif installé au pied d'immeubles d'une cité populaire de Saint-Étienne. Éducatrice spécialisée pendant huit ans auprès d'adolescents en difficulté, elle a progressivement recentré son activité autour de ce projet, né presque par hasard sur un terrain vague abandonné.
« Je travaillais avec des jeunes très éloignés de la nature, qui n'avaient jamais vu pousser un légume de leur vie, se souvient-elle. Un jour, en cherchant une activité pour occuper un groupe difficile, j'ai proposé de nettoyer un terrain vague et d'y planter quelques graines. Personne ne pensait que ça allait fonctionner. » Le projet, initialement ponctuel, se transforme rapidement en activité régulière, puis en véritable association de quartier.
Juliette n'avait aucune formation en agriculture urbaine. Elle a appris en s'associant à des jardiniers bénévoles plus expérimentés et en suivant plusieurs stages courts sur le maraîchage en milieu urbain, souvent contraint par des sols pollués nécessitant des bacs surélevés. « Il a fallu tout adapter aux contraintes de la ville : peu d'espace, sol parfois toxique, arrosage compliqué. Rien à voir avec un potager de campagne classique. »
Une anecdote reste particulièrement marquante pour elle : un adolescent particulièrement renfermé, connu pour ses nombreux passages devant le tribunal pour mineurs, a fini par prendre en charge seul une parcelle entière de tomates, avec un soin inattendu. « Le jour de la première récolte, il a distribué ses tomates à tous les habitants de son immeuble. Sa mère m'a dit que c'était la première fois qu'elle le voyait aussi fier de lui-même. »
Le fonctionnement du potager reste néanmoins fragile financièrement. L'association dépend de subventions municipales et de dons de matériel, avec un budget qui varie fortement selon les priorités politiques locales d'une année sur l'autre. « Certains mois, on manque cruellement d'outils ou de graines. On compte alors sur la générosité des habitants du quartier. »
Ce qui frappe, en discutant avec Juliette, c'est sa conviction que le jardinage transforme profondément le rapport de ces jeunes à leur environnement. « Planter une graine et attendre patiemment qu'elle pousse, ça enseigne quelque chose que l'école ne peut pas toujours transmettre : la patience, la responsabilité, la fierté du résultat concret. » Elle regrette que peu de villes investissent réellement dans ce type de projet, souvent perçu comme secondaire face à d'autres priorités urbaines.
Juliette prépare aujourd'hui l'extension du potager à un deuxième terrain vague du quartier, avec l'aide d'anciens participants devenus eux-mêmes bénévoles. Une manière, dit-elle, de continuer à transformer, mètre carré après mètre carré, le visage de ce quartier populaire.
1.Avant d'animer le potager collectif, Juliette Ferrand…1 pt
2.Le potager était dès le départ un projet planifié sur le long terme.1 pt
3.Quelle contrainte spécifique le potager urbain de Juliette a-t-il dû surmonter ?1.5 pts
4.L'adolescent connu pour ses passages devant le tribunal a refusé de s'occuper d'une parcelle.1.5 pts
5.Sur le plan financier, le potager de Juliette…1.5 pts
6.Selon Juliette, la plupart des villes investissent massivement dans ce type de projet.1 pt
7.Que prépare Juliette aujourd'hui ?1.5 pts
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