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DELF B1 · Portrait / reportage · exercice 3

Baptiste, ancien banquier, dirige une épicerie solidaire

Vous lisez cet article sur le site Internet d'un magazine culturel. Répondez aux questions. (~35min à l'examen — ici, prends ton temps)

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Baptiste Renard a 49 ans, et depuis six ans, il dirige une épicerie solidaire* proposant des produits à prix réduits aux personnes en situation de précarité, dans une ville moyenne de Bretagne. Ancien directeur d'une agence bancaire pendant vingt ans, il a quitté ce poste après avoir été confronté, dans son travail, à de nombreuses familles en grande difficulté financière. « Je refusais des crédits à des familles désespérées, en appliquant simplement des règles bancaires que je ne remettais jamais en question, se souvient-il. Un jour, une cliente m'a supplié en larmes pour un petit prêt destiné à nourrir ses enfants. J'ai dû refuser, selon les procédures. Ce jour-là, quelque chose s'est brisé en moi. » Baptiste démissionne quelques mois plus tard, sans projet précis, avant de découvrir le concept d'épicerie solidaire lors d'un reportage télévisé. Il a dû tout apprendre du fonctionnement associatif, très différent du monde bancaire qu'il connaissait parfaitement. « Gérer des stocks alimentaires, coordonner des bénévoles, obtenir des dons d'entreprises locales : rien de tout cela ne ressemblait à mon ancien métier. » Baptiste s'est formé auprès d'un réseau national d'épiceries solidaires, qui l'a accompagné dans la création de sa propre structure. Une anecdote reste particulièrement marquante pour lui : une femme, ancienne cliente de son agence bancaire à qui il avait justement refusé un crédit des années plus tôt, s'est présentée un jour à l'épicerie, sans le reconnaître immédiatement. « Quand elle a compris qui j'étais, elle a d'abord semblé gênée, puis elle m'a remercié d'avoir changé de vie pour aider des gens comme elle. » Le fonctionnement de l'épicerie reste néanmoins fragile financièrement. La structure dépend de dons alimentaires, de subventions municipales et du bénévolat, sans aucune garantie de continuité d'une année sur l'autre. « Certains mois, les rayons sont presque vides, faute de dons suffisants. C'est très difficile de devoir dire à une famille qu'on ne peut pas l'aider cette semaine-là. » Ce qui frappe, en écoutant Baptiste, c'est sa conviction que la précarité touche des profils bien plus variés qu'on ne l'imagine généralement. « On imagine souvent des personnes très marginalisées, mais je vois aussi des retraités, des étudiants, des familles avec un emploi stable qui n'arrivent simplement plus à boucler leurs fins de mois. » Il regrette que ce sujet reste encore tabou pour beaucoup de bénéficiaires, qui hésitent longtemps avant de pousser la porte de l'épicerie. Baptiste prépare aujourd'hui l'ouverture d'une antenne mobile de son épicerie, destinée à desservir des villages ruraux plus isolés, dépourvus de tout commerce accessible aux personnes les plus précaires. Une manière, dit-il, de continuer à réparer, à sa façon, ce qu'il regrette d'avoir refusé pendant tant d'années à la banque.

* Épicerie solidaire : magasin qui vend des produits alimentaires à prix très réduits à des personnes aux revenus modestes.

1.Avant de diriger l'épicerie solidaire, Baptiste Renard…1 pt

2.Baptiste avait un projet précis d'épicerie solidaire au moment de démissionner de la banque.1 pt

3.Comment Baptiste a-t-il appris à gérer une épicerie solidaire ?1.5 pts

4.L'ancienne cliente à qui Baptiste avait refusé un crédit l'a immédiatement reconnu.1.5 pts

5.Financièrement, l'épicerie de Baptiste…1 pt

6.Selon Baptiste, la précarité ne touche que des personnes très marginalisées.1.5 pts

7.Que prépare Baptiste aujourd'hui ?1.5 pts

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