DELF B1 · Portrait / reportage · exercice 3
Grégoire répare gratuitement les objets pour lutter contre le gaspillage
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Grégoire Petit a 45 ans, et depuis six ans, il anime un atelier de réparation gratuit dans une salle communale de sa ville, en Franche-Comté. Ancien technicien dans une usine d'électroménager, il a été licencié lors d'une fermeture d'usine, un événement qui a profondément transformé sa vision du travail et de la consommation.
« Pendant vingt ans, j'ai fabriqué des appareils que beaucoup de gens jetaient ensuite bien trop vite, parfois pour une simple panne réparable en dix minutes, raconte-t-il. Après mon licenciement, j'ai eu du temps pour réfléchir, et cette question m'obsédait de plus en plus. » Grégoire décide alors de créer un atelier ouvert à tous, où chacun peut venir avec un objet cassé pour tenter de le réparer, accompagné de bénévoles compétents.
Il mobilise d'abord d'anciens collègues techniciens, également touchés par la fermeture de l'usine, puis des bénévoles de tous âges, curieux d'apprendre. « Personne n'est payé, mais tout le monde repart avec le sentiment d'avoir été utile, souvent pour la première fois depuis longtemps. » Grégoire suit lui-même une formation courte sur les nouvelles normes de sécurité électrique, indispensable pour continuer à réparer certains appareils modernes en toute légalité.
Une anecdote illustre bien l'esprit de l'atelier : une habitante est arrivée un jour avec le grille-pain de sa grand-mère décédée, cassé depuis des années, refusant catégoriquement de le remplacer pour des raisons sentimentales. « On a mis presque deux heures à le réparer, tous ensemble. Elle est repartie en pleurant de joie, en serrant l'appareil contre elle comme un trésor. »
Le fonctionnement de l'atelier reste néanmoins fragile financièrement. La salle communale est prêtée gratuitement par la mairie, mais l'achat de pièces détachées et d'outillage repose presque entièrement sur des dons ponctuels, insuffisants certains mois pour couvrir tous les besoins. « On me demande parfois pourquoi je ne fais pas payer les réparations. Pour moi, la gratuité fait partie du sens même de ce projet : personne ne doit renoncer à réparer faute d'argent. »
Ce qui frappe, en écoutant Grégoire, c'est sa conviction que réparer un objet a quelque chose de profondément politique. « Chaque appareil sauvé, c'est un peu moins de déchets, un peu moins de matières premières gaspillées. Ce geste simple a un impact bien plus grand qu'on ne l'imagine. » Il regrette que de nombreux fabricants continuent de concevoir des appareils volontairement difficiles à réparer, rendant le travail des bénévoles de plus en plus complexe chaque année.
Grégoire prépare aujourd'hui l'ouverture d'un deuxième atelier dans une commune voisine, avec l'aide d'anciens participants devenus eux-mêmes bénévoles réparateurs. Une manière, dit-il, de transformer une fermeture d'usine douloureuse en un projet collectif qui continue de grandir, réparation après réparation.
1.Avant de créer son atelier, Grégoire Petit…1 pt
2.Grégoire a quitté volontairement son emploi pour créer son atelier de réparation.1 pt
3.Qui Grégoire a-t-il mobilisé pour créer son atelier ?1.5 pts
4.L'habitante venue avec le grille-pain de sa grand-mère a accepté de le remplacer par un appareil neuf.1.5 pts
5.Sur le plan financier, l'atelier de Grégoire…1.5 pts
6.Selon Grégoire, de nombreux fabricants conçoivent leurs appareils pour qu'ils soient faciles à réparer.1 pt
7.Que prépare Grégoire aujourd'hui ?1.5 pts
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