Hugo, ancien militaire, dresse des chevaux pour la médiation
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Hugo Fontaine a 40 ans, et depuis six ans, il utilise des chevaux pour accompagner des adolescents en grande difficulté, dans un centre équestre* du Limousin. Ancien militaire, il a servi douze ans dans l'armée de terre, avec plusieurs missions à l'étranger, avant de choisir un métier radicalement différent.
« J'ai vu des choses très difficiles pendant mes missions, raconte-t-il sobrement. À mon retour définitif, j'avais besoin de reconstruire quelque chose de plus apaisé, loin de toute violence. » Hugo redécouvre alors une passion d'enfance pour les chevaux, pratiquée occasionnellement pendant ses permissions, et décide d'en faire son nouveau métier après avoir quitté l'armée.
Il suit une formation longue en médiation équine**, discipline qui utilise la relation avec le cheval pour aider des personnes en difficulté psychologique ou sociale. « Un cheval sent immédiatement notre état intérieur, bien avant que nous en ayons conscience nous-mêmes. C'est un formidable miroir pour ces jeunes, souvent incapables de nommer ce qu'ils ressentent. » Hugo travaille en étroite collaboration avec des éducateurs spécialisés, qui l'orientent vers les jeunes les plus en difficulté.
Une séance reste particulièrement marquante à ses yeux : un adolescent extrêmement agressif, renvoyé de plusieurs foyers, refusait tout contact avec un cheval qu'il jugeait trop imposant. Après plusieurs semaines de patience, ce même jeune a fini par brosser l'animal pendant de longues minutes, en silence complet. « Ses éducateurs n'en revenaient pas. Ce jeune, habituellement si dur, pleurait doucement contre l'encolure du cheval. »
Le quotidien reste pourtant exigeant financièrement. L'entretien des chevaux coûte cher, entre nourriture, soins vétérinaires et matériel, et les financements publics pour ce type d'accompagnement restent limités et incertains d'une année sur l'autre. « On me demande parfois pourquoi un cheval coûterait moins cher qu'un psychologue. Ce n'est pas une question d'argent, mais de complémentarité entre les approches. » Hugo complète ses revenus par des cours d'équitation classique proposés le week-end.
Ce qui frappe, en l'écoutant, c'est sa conviction que le cheval enseigne une forme d'autorité différente de celle qu'il a connue dans l'armée. « Avec un cheval, on ne peut pas donner un ordre sec et espérer une obéissance immédiate. Il faut construire une confiance, patiemment. C'est un apprentissage que j'aurais aimé recevoir plus tôt. » Il regrette que trop peu de structures similaires existent en France, alors que la demande des services sociaux ne cesse d'augmenter.
Hugo prépare aujourd'hui l'accueil d'anciens militaires en reconversion, convaincu que d'autres soldats pourraient, comme lui, trouver dans la relation au cheval un chemin vers une vie plus apaisée.
* Centre équestre : établissement où l'on pratique et enseigne l'équitation.
** Médiation équine : pratique qui utilise la relation avec le cheval à des fins thérapeutiques ou éducatives.
1.Avant de travailler avec des chevaux, Hugo Fontaine…1 pt
2.Hugo avait déjà pratiqué l'équitation, occasionnellement, pendant ses années militaires.1 pt
3.Selon Hugo, pourquoi le cheval est-il utile pour ces jeunes en difficulté ?1.5 pts
4.L'adolescent agressif a immédiatement accepté de s'approcher du cheval lors de la première séance.1.5 pts
5.Financièrement, l'activité d'Hugo…1.5 pts
6.Selon Hugo, on peut obtenir l'obéissance d'un cheval par un ordre sec, comme dans l'armée.1 pt