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DELF B1 · Portrait / reportage · exercice 3

Karim Belaïd forme des jeunes en réinsertion dans sa boulangerie

Vous lisez cet article sur le site Internet d'un magazine culturel. Répondez aux questions. (~35min à l'examen — ici, prends ton temps)

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Karim Belaïd a 47 ans, et depuis sept ans, il forme dans sa boulangerie de jeunes adultes en réinsertion professionnelle*. Lui-même a connu un parcours difficile : après une adolescence marquée par de petits délits, il a appris le métier de boulanger en prison, avant de reprendre une vie stable une fois libéré, décidé à ne plus jamais retomber. « On m'avait donné une chance que je n'attendais plus, raconte-t-il. Un formateur m'a appris à pétrir la pâte alors que je pensais n'être bon à rien. Ce jour-là, j'ai décidé que je ferais, un jour, la même chose pour d'autres. » Après plusieurs années comme salarié dans différentes boulangeries, il a ouvert sa propre affaire, avec la volonté explicite d'y accueillir des jeunes sortant de structures d'insertion ou de foyers difficiles. Karim a dû apprendre, en plus du métier de boulanger qu'il maîtrisait déjà, à devenir formateur : gérer un groupe, adapter son discours, encaisser les échecs sans se décourager. « Certains jeunes arrivent en retard, repartent sans prévenir, ou se découragent après une semaine. Il a fallu que j'apprenne à ne pas le prendre personnellement. » Il s'est formé auprès d'une association spécialisée dans l'accompagnement des jeunes en difficulté, en observant d'autres formateurs plus expérimentés que lui. Il raconte volontiers l'histoire de Yanis, dix-neuf ans, arrivé après plusieurs échecs scolaires et un passage en foyer. « Il ne croyait en rien, ni en lui, ni en moi. Trois mois plus tard, il pétrissait seul dès cinq heures du matin, fier de son premier pain réussi. Aujourd'hui, il travaille dans une autre boulangerie, en contrat stable. » Cette réussite, dit Karim, compense largement les échecs plus nombreux qu'il a dû traverser au fil des années. Le quotidien reste pourtant compliqué financièrement. Former un jeune ralentit considérablement la production, et certains clients se plaignent de délais d'attente plus longs qu'ailleurs. Karim reçoit une aide de l'État pour chaque contrat d'insertion signé, mais celle-ci ne couvre pas la totalité des pertes de productivité liées à l'apprentissage. « Certains mois sont très serrés. Mais je refuse de choisir la rentabilité plutôt que ces jeunes, même quand c'est tentant. » Ce qui frappe, en l'écoutant, c'est sa conviction que le travail manuel peut réparer bien plus qu'on ne l'imagine. « Pétrir la pâte, sentir qu'on la maîtrise petit à petit, ça redonne confiance en soi. Beaucoup de ces jeunes n'avaient jamais réussi quelque chose de leurs propres mains avant d'arriver ici. » Il regrette cependant que peu d'entreprises acceptent de prendre ce risque, alors que la demande de formateurs bienveillants dépasse largement l'offre existante dans ce secteur. Karim prépare aujourd'hui l'ouverture d'une deuxième boulangerie, entièrement dédiée à la formation, avec le soutien d'une région qui a accepté de financer le projet. Une reconnaissance, dit-il, qui n'efface pas son passé mais lui donne enfin tout son sens.

* Réinsertion professionnelle : le fait d'aider une personne, souvent après un parcours difficile, à retrouver une place stable dans le monde du travail.

1.Karim Belaïd a appris le métier de boulanger avant de connaître des difficultés judiciaires.1 pt

2.Pourquoi Karim a-t-il ouvert sa propre boulangerie ?1.5 pts

3.Qu'a dû apprendre Karim en plus du métier de boulanger ?1 pt

4.Yanis travaille aujourd'hui dans une autre boulangerie, en contrat stable.1.5 pts

5.Quel est l'effet de la formation des jeunes sur l'activité de la boulangerie ?1.5 pts

6.L'aide de l'État couvre entièrement les pertes financières liées à la formation des jeunes.1 pt

7.Que prépare Karim aujourd'hui ?1.5 pts

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