DELF B1 · Portrait / reportage · exercice 3
Former des interprètes en langue des signes, un besoin urgent
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Manon Delattre a 39 ans. Depuis six ans, elle forme de futurs interprètes en langue des signes française, dans un institut spécialisé de Toulouse. Hôtesse de l'air pendant onze ans sur des vols long-courriers, elle a complètement changé de métier après la naissance de sa fille, née sourde.
« Avant la naissance de ma fille, je ne connaissais rien du tout à la langue des signes, confie-t-elle. J'ai dû tout apprendre en urgence, car on propose peu d'aide aux parents qui entendent et dont l'enfant est sourd. » Cette expérience change la vie de Manon, qui décide de devenir interprète en langue des signes.
Elle suit une formation universitaire complète de plusieurs années, en parallèle de son activité d'hôtesse de l'air, qu'elle réduit peu à peu. « Apprendre une langue qui passe par les yeux et les mains, à l'âge adulte, demande un effort très particulier. » Manon obtient enfin son diplôme d'interprète, puis se spécialise dans la formation d'autres interprètes débutants.
Un moment reste gravé dans sa mémoire : lors d'une grande conférence médicale, sa fille, âgée de douze ans à l'époque, a pu pour la première fois suivre en entier un discours en langue des signes, grâce à l'un des interprètes formés par Manon. « Elle m'a dit après que, pour la première fois, elle se sentait vraiment incluse dans un événement public, comme n'importe quel enfant entendant. »
Le métier d'interprète en langue des signes manque de professionnels en France. La demande dépasse largement le nombre de professionnels formés chaque année, ce qui empêche beaucoup de personnes sourdes d'accéder vraiment à certains services publics. « Beaucoup de personnes sourdes attendent encore des mois un simple rendez-vous avec un interprète. »
Pour Manon, le droit d'accéder aux services comme tout le monde est encore trop souvent oublié. « On considère encore la langue des signes comme une option, un luxe, alors que c'est simplement la langue maternelle de nombreuses personnes sourdes. » Elle regrette que trop peu d'entendants apprennent cette langue, alors que la demande d'interprètes ne cesse d'augmenter.
Manon prévoit aujourd'hui l'ouverture d'un nouveau groupe d'étudiants, plus grand, dans son institut, pour répondre à un manque qui touche de nombreuses familles comme la sienne.
1.Pendant plus de dix ans, Manon Delattre…1.5 pts
2.Manon connaissait déjà bien la langue des signes avant la naissance de sa fille.1 pt
3.Comment Manon a-t-elle obtenu son diplôme d'interprète ?1.5 pts
4.L'un des interprètes formés par Manon a aidé sa fille à comprendre tout le discours de la conférence.1 pt
5.En France, le métier d'interprète en langue des signes…1.5 pts
6.Selon Manon, la langue des signes est considérée par beaucoup comme un simple luxe plutôt qu'une langue maternelle.1 pt
7.Quel nouveau projet Manon mène-t-elle ?1.5 pts
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