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DELF B1 · Portrait / reportage · exercice 3

Thomas Ricard, du bassin de natation à l'éducation des chiens guides

Vous lisez cet article sur le site Internet d'un magazine culturel. Répondez aux questions. (~35min à l'examen — ici, prends ton temps)

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Thomas Ricard a 45 ans, et depuis dix ans, il forme des chiens guides* destinés à accompagner des personnes aveugles ou malvoyantes. Ancien nageur de haut niveau, il a longtemps enchaîné les compétitions internationales, jusqu'à ce qu'une blessure à l'épaule mette fin, brutalement, à sa carrière sportive à seulement 31 ans. « Du jour au lendemain, j'ai perdu ce qui structurait toute ma vie depuis l'enfance : les entraînements, les objectifs, les compétitions, raconte-t-il. Il m'a fallu plusieurs mois pour comprendre ce que je voulais faire de la suite. » C'est en accompagnant un ami malvoyant lors d'une sortie qu'il découvre le travail des chiens guides, et la relation de confiance absolue qui unit l'animal à son maître. « J'ai été bouleversé par cette complicité. J'ai su, ce jour-là, que je voulais participer à créer ce lien. » Thomas a alors suivi une formation longue et exigeante auprès d'une école spécialisée, apprenant à éduquer les chiots dès leur plus jeune âge, puis à les préparer progressivement à guider un humain dans la rue, dans les transports, ou face à un obstacle imprévu. « On m'a appris la patience avant tout. Un chien guide se construit sur deux longues années, pas en quelques semaines. » Il se souvient avec émotion de la remise d'un premier chien à une jeune femme devenue aveugle après un accident. « Elle pleurait de joie en sentant le chien se coller contre sa jambe. Elle m'a dit qu'elle retrouvait, grâce à lui, une liberté qu'elle croyait perdue pour toujours. » Cette scène, dit-il, reste gravée dans sa mémoire, des années après. Le métier reste pourtant physiquement et émotionnellement exigeant. Certains chiots, malgré des mois de travail, ne parviennent pas à devenir chiens guides et doivent être réorientés vers d'autres missions, ce qui représente à chaque fois une déception difficile à surmonter. Financièrement, les écoles de chiens guides dépendent presque entièrement des dons, et les délais d'attente pour les bénéficiaires restent très longs, parfois plusieurs années. « C'est frustrant de savoir que des personnes attendent alors que nous manquons cruellement d'éducateurs formés. » Ce qui frappe, en écoutant Thomas, c'est sa certitude que ce métier prolonge, d'une certaine façon, sa vie de sportif. « Dans la natation, je me dépassais seul. Ici, j'aide un chien à dépasser ses limites pour qu'un humain retrouve la sienne. C'est une autre forme de performance. » Il regrette cependant que le grand public connaisse encore mal ce travail invisible, réalisé bien avant que le chien ne rencontre son futur maître. Thomas prépare aujourd'hui l'ouverture d'un centre de formation destiné à d'anciens sportifs en reconversion, convaincu que leur rigueur et leur discipline en font d'excellents éducateurs canins, pour peu qu'on leur laisse le temps d'apprendre ce nouveau métier.

* Chien guide : chien spécialement dressé pour accompagner et guider une personne aveugle ou malvoyante.

1.Avant de former des chiens guides, Thomas Ricard…1 pt

2.Thomas a choisi librement de mettre fin à sa carrière de nageur.1 pt

3.Comment Thomas a-t-il découvert le monde des chiens guides ?1.5 pts

4.Que retient Thomas de sa formation d'éducateur ?1.5 pts

5.Tous les chiots en formation deviennent finalement des chiens guides.1.5 pts

6.Financièrement, les écoles de chiens guides…1 pt

7.Thomas considère que son métier actuel est une autre forme de dépassement de soi, comme la natation.1.5 pts

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