← Tous les documents

DELF B1 · Portrait / reportage · exercice 3

Marc Delvaux fait entrer le théâtre en prison

Vous lisez cet article sur le site Internet d'un magazine culturel. Répondez aux questions. (~35min à l'examen — ici, prends ton temps)

Document

Marc Delvaux a 52 ans, et depuis huit ans, il pousse chaque semaine la lourde porte d'une prison pour y enseigner le théâtre à une dizaine de détenus. Ancien professeur de français dans un lycée de banlieue, il n'avait jamais mis les pieds dans un établissement pénitentiaire* avant qu'un ami metteur en scène ne lui propose de l'accompagner, un jour, pour un simple atelier d'essai. « Je pensais rester une heure et repartir, raconte-t-il en souriant. Finalement, je suis resté toute la journée, et je n'ai plus jamais arrêté. » Ce qui l'a bouleversé, ce jour-là, c'est de voir des hommes que tout le monde avait résumés à leur peine se transformer, le temps d'une scène, en personnages capables de rire, de pleurer, de dire des choses qu'ils n'auraient jamais osé confier autrement. Il a alors demandé, puis obtenu, l'autorisation de monter un atelier régulier. Marc n'avait aucune formation de comédien. Il a appris sur le terrain, en observant des intervenants plus expérimentés, en lisant des ouvrages sur le théâtre-forum, et en acceptant de se tromper souvent. « Au début, je préparais des exercices trop scolaires, trop proches de mes cours de lycée. Il a fallu que j'apprenne à lâcher prise. » Aujourd'hui, son atelier prépare chaque année un spectacle, joué devant les autres détenus et parfois devant des familles autorisées à assister à la représentation. Il se souvient particulièrement d'un détenu, arrivé silencieux et méfiant, qui refusait de parler devant le groupe. Après plusieurs mois, cet homme a fini par interpréter un monologue entier, sans notes, la voix tremblante mais assurée. « Ses camarades l'ont applaudi debout. Lui-même n'y croyait pas. Ce jour-là, j'ai compris pourquoi je continuais ce métier. » Le travail reste pourtant difficile. Les autorisations administratives sont longues à obtenir, les salles répétées manquent cruellement, et certains détenus quittent l'atelier du jour au lendemain, transférés vers un autre établissement sans préavis. Marc doit alors reconstruire un groupe, souvent en pleine préparation d'un spectacle. « C'est frustrant, mais je ne me décourage jamais. Chaque nouveau groupe m'apprend quelque chose. » Financièrement, l'activité repose sur des subventions culturelles modestes, complétées par son ancienne retraite de professeur, ce qui limite le nombre d'heures qu'il peut consacrer chaque semaine à la prison. Ce qui frappe, en l'écoutant, c'est sa certitude que le théâtre change durablement ceux qui le pratiquent. « On ne sort pas indemne d'avoir joué un rôle devant les autres. On apprend à s'écouter, à écouter l'autre, à contrôler sa colère. » Il s'inquiète cependant du manque de moyens accordés à ce type de projet, souvent jugé secondaire face aux urgences de sécurité, alors que plusieurs anciens détenus lui écrivent encore, des années après leur sortie, pour le remercier. Marc prépare aujourd'hui un projet inédit : réunir sur scène d'anciens détenus déjà libérés et des détenus actuels, pour un spectacle commun. Un pari risqué, qu'il mène avec prudence, convaincu que l'art reste l'un des rares espaces où l'on peut vraiment se réinventer.

* Établissement pénitentiaire : une prison.

1.Avant d'enseigner le théâtre en prison, Marc Delvaux…1 pt

2.Marc avait prévu de mener un atelier de théâtre régulier en prison dès sa première visite.1 pt

3.Comment Marc a-t-il appris à animer un atelier de théâtre ?1.5 pts

4.Le détenu silencieux et méfiant a fini par jouer un monologue seul devant le groupe.1.5 pts

5.Quelle difficulté concrète complique le travail de Marc au fil de l'année ?1.5 pts

6.Selon Marc, que provoque le théâtre chez ceux qui le pratiquent ?1 pt

7.Marc prépare un spectacle réunissant sur scène d'anciens détenus libérés et des détenus actuels.1.5 pts

Réponds à toutes les questions pour corriger.