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DELF B1 · Portrait / reportage · exercice 3

Karim écrit un roman entre deux livraisons à vélo

Vous lisez cet article sur le site Internet d'un magazine culturel. Répondez aux questions. (~35min à l'examen — ici, prends ton temps)

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Entre deux livraisons de repas à vélo dans les rues de Toulouse, Karim Belaïd rédige, phrase après phrase, un roman qu'il espère publier d'ici la fin de l'année. Un quotidien à double vitesse, entre urgence des commandes et lenteur nécessaire de l'écriture. Karim a commencé la livraison* à vélo après l'échec d'un premier projet professionnel dans l'événementiel, secteur durement touché par une longue période de crise sanitaire. « Je cherchais un travail flexible, qui me laisse du temps libre entre les courses. Je ne savais pas encore que ce métier deviendrait le décor de mon roman. » L'idée d'écrire naît progressivement, au fil des attentes devant les restaurants et des observations accumulées sur la ville, ses habitants, ses contrastes. « Un soir, en attendant une commande sous la pluie, j'ai commencé à noter des phrases sur mon téléphone, presque par ennui, raconte-t-il. Puis ces phrases se sont enchaînées, jusqu'à former une vraie histoire. » Karim n'a suivi aucune formation littéraire : il apprend en lisant énormément, en participant à un atelier d'écriture associatif gratuit, et en sollicitant les retours critiques d'autres livreurs passionnés de lecture. Une anecdote résume bien son quotidien particulier : Karim a un jour reçu une commande urgente en pleine relecture d'un chapitre décisif, sur son téléphone accroché au guidon. « J'ai dû tout arrêter en pleine phrase pour pédaler pendant vingt minutes. En arrivant, j'avais complètement oublié la fin que je voulais écrire. » Depuis, il note systématiquement ses idées sur un petit carnet glissé dans sa sacoche, pour ne plus jamais perdre le fil. Financièrement, la situation reste précaire. Les revenus de la livraison varient selon les plateformes et les horaires, sans aucune garantie de salaire minimum stable, ce qui laisse peu de marge pour envisager sereinement l'écriture comme un métier à part entière. « Certains jours, je gagne à peine de quoi vivre. Pourtant, je refuse d'abandonner mon roman pour un travail plus classique qui m'enfermerait totalement. » Ce qui frappe chez Karim, c'est sa conviction que ce métier physique nourrit paradoxalement son écriture. « Beaucoup imaginent l'écrivain isolé dans son bureau. Moi, j'observe la ville en mouvement, je croise des centaines de vies chaque jour. Ça me donne une matière que je n'aurais jamais eue autrement. » Il regrette néanmoins le peu de reconnaissance accordée aux livreurs, souvent invisibles aux yeux des clients pressés qui ne les regardent presque jamais vraiment. Aujourd'hui, Karim a terminé un premier manuscrit, envoyé à plusieurs maisons d'édition. Il continue de livrer chaque jour, sans certitude sur son avenir littéraire, mais avec une détermination intacte. « Si ce roman ne trouve pas d'éditeur, j'en écrirai un autre. Ce vélo m'a appris que la patience finit toujours par payer. »

* Livreur : personne qui transporte et distribue des commandes, souvent à vélo en ville.

1.Avant de devenir livreur à vélo, Karim…1 pt

2.L'idée d'écrire un roman est née progressivement, au fil des attentes devant les restaurants.1 pt

3.Comment Karim a-t-il appris à écrire, sans formation littéraire ?1.5 pts

4.Après avoir dû interrompre sa relecture pour une livraison urgente, Karim a retrouvé facilement la fin qu'il voulait écrire.1.5 pts

5.Sur le plan financier, le quotidien de Karim…1.5 pts

6.Selon Karim, son métier de livreur nourrit son écriture en lui donnant de la matière.1 pt

7.Aujourd'hui, où en est Karim avec son roman ?1.5 pts

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