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DELF B1 · Portrait / reportage · exercice 3

Aurélie sauve de l'oubli les langues des Alpes en voie de disparition

Vous lisez cet article sur le site Internet d'un magazine culturel. Répondez aux questions. (~35min à l'examen — ici, prends ton temps)

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Depuis onze ans, la linguiste Aurélie Combes parcourt les vallées reculées des Alpes pour enregistrer les derniers locuteurs d'un parler franco-provençal* menacé de disparition. Chercheuse rattachée à une université lyonnaise, elle consacre désormais l'essentiel de sa carrière à cette course contre le temps. Aurélie se destinait pourtant, au départ, à une thèse plus classique sur la grammaire comparée des langues romanes. « Je travaillais surtout sur des textes anciens, en bibliothèque. Un jour, un professeur m'a suggéré d'aller enregistrer une vieille dame qui parlait encore un dialecte alpin oublié. » Cette première rencontre bouleverse ses projets académiques : la chercheuse découvre une langue vivante, riche, mais transmise uniquement à l'oral, sans dictionnaire ni grammaire écrite. Elle apprend alors sur le terrain, en multipliant les séjours prolongés dans des villages de montagne, gagnant patiemment la confiance des habitants les plus âgés, souvent méfiants envers les chercheurs venus de la ville. « Il faut des mois avant que quelqu'un accepte de vous parler naturellement dans sa langue. On ne débarque pas avec un micro sans avoir d'abord partagé un repas, une histoire. » Aurélie suit en parallèle une formation en linguistique de terrain, indispensable pour transcrire des sons que l'alphabet français ne permet pas toujours de noter fidèlement. Une rencontre reste particulièrement marquante : un berger de 89 ans, dernier locuteur connu d'une variante locale très spécifique, a accepté de raconter pendant des heures des expressions que même ses enfants ne comprenaient plus. « Quand il est décédé, deux ans plus tard, j'ai réalisé que sans cet enregistrement, tout ce vocabulaire aurait disparu avec lui, pour toujours. » Le travail reste pourtant fragile financièrement. Les financements de recherche sur les langues régionales restent limités, renouvelés d'année en année, sans aucune garantie de continuité, ce qui oblige Aurélie à multiplier les demandes de subventions. « On me demande parfois à quoi sert de sauver une langue parlée par quelques dizaines de personnes. Pourtant, chaque langue qui meurt emporte une manière unique de voir le monde. » Aurélie multiplie les collaborations avec des associations locales pour continuer malgré des moyens toujours insuffisants. Ce qui la porte, au fond, c'est une conviction profonde sur la valeur de ces langues minoritaires, trop souvent jugées secondaires face au français. « On a longtemps humilié les enfants qui parlaient patois à l'école. Aujourd'hui, on découvre, un peu tard, ce que l'on a fait disparaître. » Elle regrette que si peu de moyens publics soient consacrés à cette urgence linguistique, alors que plusieurs parlers pourraient s'éteindre complètement d'ici une génération. Aujourd'hui, Aurélie numérise ses archives sonores pour les rendre accessibles aux chercheurs futurs et aux descendants des locuteurs. Elle y voit une manière de transformer une disparition inévitable en mémoire vivante, transmissible bien après que les dernières voix se seront tues.

* Franco-provençal : langue régionale historiquement parlée dans certaines vallées alpines.

1.Au départ, Aurélie se destinait à…1 pt

2.Le déclic d'Aurélie a eu lieu quand un professeur lui a suggéré d'enregistrer une locutrice âgée.1 pt

3.Pour gagner la confiance des habitants, Aurélie…1.5 pts

4.Le berger de 89 ans qu'Aurélie a enregistré est toujours vivant aujourd'hui.1.5 pts

5.Sur le plan financier, la recherche d'Aurélie…1.5 pts

6.Que regrette Aurélie à propos du patois à l'école, par le passé ?1 pt

7.Aujourd'hui, Aurélie numérise ses archives sonores pour les rendre accessibles aux chercheurs futurs.1.5 pts

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