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DELF B1 · Portrait / reportage · exercice 3

Nadia, factrice, prend le temps d'écouter les habitants isolés

Vous lisez cet article sur le site Internet d'un magazine culturel. Répondez aux questions. (~35min à l'examen — ici, prends ton temps)

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Chaque matin depuis douze ans, Nadia Berrada enfourche son vélo électrique à six heures pour distribuer le courrier dans une petite commune du Cantal. Mais sa tournée* ne ressemble à aucune autre : facteure de campagne, elle s'arrête chez presque tous les habitants isolés pour échanger quelques mots, bien au-delà de sa mission officielle. Avant de porter l'uniforme jaune, Nadia travaillait comme vendeuse dans un supermarché de la ville voisine. « C'était un métier sans le moindre contact humain véritable, juste des passages en caisse, raconte-t-elle. Je voulais un travail qui ait du sens, même si je ne savais pas encore lequel. » Lorsqu'un poste de factrice s'est libéré dans son village natal, elle a immédiatement postulé, séduite par l'idée de retrouver les routes de son enfance. Les premiers mois ont été formateurs, mais aussi révélateurs. Nadia découvre alors l'ampleur de la solitude vécue par certains habitants âgés. « Une dame m'attendait chaque jour derrière sa fenêtre. Le jour où je suis arrivée en retard, elle avait appelé la mairie, inquiète qu'il me soit arrivé quelque chose. » Cette rencontre la marque durablement et change sa manière de concevoir son métier : elle décide désormais de prendre systématiquement le temps de frapper, d'entrer boire un café, d'écouter. Une anecdote revient souvent dans ses souvenirs : un matin d'hiver, elle trouve un habitant tombé dans son jardin, incapable de se relever depuis la veille. « S'il n'y avait pas eu ma tournée ce jour-là, je n'ose pas imaginer ce qui aurait pu se passer. » Depuis cet épisode, plusieurs familles de la commune lui ont confié discrètement surveiller leurs parents âgés, sachant qu'elle passe presque tous les jours. Ce travail supplémentaire n'est cependant pas reconnu par sa hiérarchie, ni rémunéré. Nadia doit partager son temps entre sa tournée officielle et ces visites, même si cela veut dire finir son service en retard, sans être payée en plus. « On me demande d'aller plus vite, alors que je crois profondément à l'utilité de ralentir un peu pour ces personnes. » Elle espère que son entreprise reconnaîtra un jour officiellement ce rôle social, comme cela existe déjà dans certains départements pilotes. Malgré ces tensions, Nadia ne changerait de métier pour rien au monde. « Beaucoup de gens croient que je livre seulement des lettres et des colis. En réalité, je livre aussi un peu de compagnie, parfois la seule de la journée pour certains. » Elle raconte avec émotion les cartes de vœux reçues chaque année de la part d'habitants qu'elle a appris à connaître intimement, bien plus que de simples adresses sur une enveloppe. Aujourd'hui, Nadia forme une jeune collègue à cette approche, convaincue que le métier de facteur ne devrait jamais se réduire à une simple performance de rapidité. « Le jour où on remplacera les factrices par des robots livreurs, on aura perdu quelque chose d'essentiel pour les villages : ce lien humain que rien ne remplace. »

* Tournée : trajet quotidien effectué par le facteur ou la factrice pour distribuer le courrier.

1.Avant de devenir factrice, Nadia…1 pt

2.Nadia a postulé au poste de factrice parce qu'elle voulait retrouver les routes de son enfance.1 pt

3.Qu'a compris Nadia en découvrant la situation de la dame qui l'attendait à sa fenêtre ?1.5 pts

4.Un matin d'hiver, Nadia a trouvé un habitant tombé dans son jardin depuis la veille.1.5 pts

5.Le temps que Nadia consacre aux habitants isolés…1.5 pts

6.Selon Nadia, que livre-t-elle en réalité, au-delà des lettres et des colis ?1 pt

7.Nadia pense que le métier de facteur devrait se réduire à une performance de rapidité.1.5 pts

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