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Émilie Roussel a 34 ans. Depuis quatre ans, elle crée des objets en verre dans un atelier près de Biot, sur la Côte d'Azur. Avant, pendant huit ans, elle travaillait comme analyste financière dans une grande banque : elle passait ses journées à étudier les marchés, un travail qui avait fini par ne plus l'intéresser du tout.
« Je réussissais bien, mais je n'étais plus heureuse, confie-t-elle. Lors d'un voyage de travail à Venise, j'ai visité par hasard un atelier de verre, et j'en suis sortie émerveillée. » Émilie met alors deux ans à préparer son changement de métier : elle économise peu à peu, puis quitte son poste, même si rien ne lui garantit de réussir.
Elle suit une formation d'un an dans un centre spécialisé, où elle apprend à travailler le verre très chaud : contrôler la chaleur du four, respecter le bon rythme, coordonner ses mains et son souffle. « Au début, on se brûle beaucoup. J'ai eu des brûlures aux mains pendant des mois. »
Un épisode reste gravé dans sa mémoire : sa première grosse commande, un ensemble de vases pour un hôtel de luxe, s'est presque entièrement cassée au moment du refroidissement*, parce qu'elle ne maîtrisait pas encore assez la technique. « J'ai dû tout recommencer en urgence, en dormant à peine pendant une semaine. »
Financièrement, le métier reste difficile. Le verre demande un four allumé jour et nuit, donc une facture d'électricité très élevée, et chaque objet prend plusieurs heures de travail. « Certains clients ne comprennent pas pourquoi un simple vase coûte si cher. »
Émilie a une vraie passion pour cette matière. « Le verre chaud est vivant : il bouge, il résiste. Rien à voir avec des chiffres sur un écran. » Elle regrette que ce métier artisanal reste encore mal connu du grand public, qui le confond souvent avec la production industrielle.
Émilie commence aujourd'hui son premier travail avec une architecte d'intérieur, pour créer des lampes sur mesure destinées à des restaurants. Elle y voit une belle reconnaissance, après des années passées à douter de son choix.
* Refroidissement : moment où le verre très chaud redescend lentement en température.
1.Autrefois, Émilie Roussel…1.5 pts
2.Émilie a démissionné immédiatement après sa visite de l'atelier à Venise, sans préparation.1 pt
3.Pendant sa formation, Émilie…1.5 pts
4.Sa première commande importante s'est déroulée sans aucun problème technique.1 pt
5.Pourquoi les objets en verre fabriqués par Émilie coûtent-ils cher, selon le texte ?1.5 pts
6.Selon Émilie, le métier de verrier artisanal est aujourd'hui bien connu du grand public.1 pt
7.Quel est le projet d'Émilie pour la suite ?1.5 pts