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Sur le toit d'un immeuble de bureaux du 13e arrondissement de Paris, des rangs de salades, de tomates et d'herbes aromatiques poussent à quelques mètres du vide. Cette ferme urbaine, installée il y a deux ans, produit chaque semaine plusieurs centaines de kilos de légumes, vendus directement aux habitants du quartier et aux restaurants voisins, sans aucun intermédiaire.
Le projet a été porté par une jeune entreprise spécialisée dans l'agriculture urbaine, qui loue le toit à l'entreprise propriétaire de l'immeuble depuis sa construction. « On utilise une technique appelée hydroponie*, qui permet de cultiver sans terre, avec beaucoup moins d'eau qu'une culture classique en pleine terre », explique Camille, ingénieure agronome et responsable du site depuis son ouverture. Les plantes poussent dans un substrat nourri par une solution d'eau et de minéraux, en circuit fermé et surveillé.
Ce type de ferme répond à plusieurs enjeux à la fois : rapprocher la production alimentaire des consommateurs, réduire les distances de transport, et redonner une utilité à des mètres carrés autrefois inoccupés en centre-ville. « Un toit inutilisé, c'est une surface perdue, alors qu'on pourrait y faire pousser de quoi nourrir tout un quartier », insiste Camille, convaincue par ce modèle depuis ses études.
Les habitants, eux, apprécient surtout la fraîcheur des produits proposés chaque semaine. « Les salades sont cueillies le matin même, on les mange le soir, c'est incomparable avec ce qu'on trouve en grande surface », témoigne Farid, client régulier du petit marché organisé chaque vendredi au pied de l'immeuble depuis l'ouverture.
Le modèle reste cependant fragile économiquement : l'installation d'une ferme sur toit coûte cher, et il faut plusieurs années pour rentabiliser l'investissement de départ. Certaines fermes urbaines ont d'ailleurs déjà fermé faute de rentabilité suffisante, incapables de concurrencer les prix des circuits agricoles traditionnels.
Malgré ces difficultés bien réelles, de nouveaux projets voient le jour chaque année dans les grandes villes françaises, portés par une demande croissante des citadins pour une alimentation locale, fraîche et visible depuis leur propre fenêtre. Camille espère à terme convaincre d'autres propriétaires d'immeubles de louer leurs toits inoccupés, persuadée que ce modèle pourrait, à plus grande échelle, transformer durablement la manière dont les grandes villes se nourrissent.
* Hydroponie : technique de culture des plantes sans terre, dans une solution d'eau et de minéraux.
1.La ferme urbaine décrite se trouve sur le toit d'un immeuble de bureaux.1 pt
2.À qui sont vendus les légumes produits sur ce toit ?1 pt
3.Que permet la technique de l'hydroponie, selon Camille ?1.5 pts
4.Selon Camille, un toit inutilisé représente une occasion perdue de production alimentaire.1 pt
5.D'après Farid, qu'est-ce qui le séduit le plus dans ces légumes ?1.5 pts
6.Toutes les fermes urbaines sur les toits sont aujourd'hui rentables sans difficulté.1 pt
7.Que souhaite Camille pour l'avenir de son projet ?1 pt